Antalgiques et automédication : attention à l’aspirine et à l’ibuprofène

Le paracétamol comme premier choix

Selon le magazine, le paracétamol serait l’antidouleur qui représenterait le meilleur rapport bénéfice/risque. Mais le professeur François Chast de l’Académie nationale de pharmacie alerte cependant : “le paracétamol n’est pas un bonbon. A 3 g par jour, il est anodin. A 10 g par jour, il devient potentiellement mortel”. En cas de surdosage, il devient ainsi toxique pour le foi. De plus, pour le professeur, l’intoxication au paracétamol en lien avec l’alcool est un “vrai problème de santé publique”. Lorsque le médicament est consommé avec de l’alcool, le foie dégrade moins bien les toxines générées par son assimilation.

Prudence imposée pour l’ibuprofène

Selon le magazine, avec l’ibuprofène, les effets indésirables sont plus nombreux que pour le paracetamoll, parmi lesquels des troubles digestifs bénins tels que des inconforts gastro-intestinaux, des nausées, mais aussi des ulcères. Cet antidouleur est également potentiellement toxique pour les reins. Le professeur Chast précise donc que “la prudence s’impose chez les patients qui souffrent déjà d’une insuffisance rénale fonctionnelle et chez les personnes âgées”. 60 millions de consommateurs précise que “l’ibuprofène exerce une action anti-inflammatoire utile contre certains types de douleurs”. Il est donc conseillé par le magazine comme un second choix quand la prise de paracétamol ne soulage pas les patients.

Proscrire l’aspirine en automédication

L’antalgique qui fait aujourd’hui le plus débat est l’aspirine. Cette molécule a été découverte il y a plus de 100 ans. Pour 60 millions de consommateur le public à tellement l’habitude de ce médicament qu’il en ignore ou en minimise les risques. Le professeur Chast se fait le relais d’un avis partagé par bon nombre de ses confrères en affirmant que “l’aspirine a d’abord été utilisée contre les rhumatismes, ensuite contre la fièvre, puis contre la douleur. Mais aujourd’hui, cette indication ne tient plus car son rapport bénéfice/risque n’est plus satisfaisant pour traiter la douleur”. 60 millions de consommateurs souligne les risques de toxicité rénale et hépatique ou encore de saignements gastro-intestinaux. Par conséquent, le professeur Chast ne recommande pas l’utilisation de l’aspirine en automédication.

Perturbateurs endocriniens et déséquilibres hormonaux 

Dans son étude, 60 millions de consommateurs met également en lumière des travaux menés par une équipe de chercheurs français de l’Inserm-EHESP-Université de Rennes 1 et de chercheurs danois. Ces derniers montrent que la prise d’ibuprofène, de paracétamol et d’aspirine pendant la grossesse, notamment au début du deuxième trimestre pourrait empêcher, chez le foetus garçon, la descente des testicules dans les bourses. Le coordinateur de ces études, Bernard Jegou, prône donc une prise de ces antidouleurs « sous contrôle médical ». Or, actuellement, il est précisé, sur les notices du paracétamol, qu’il est autorisé durant toute la grossesse. Pour l’ibuprofène la contre-indication survient après le cinquième mois de grossesse. L’aspirine, quant à lui, doit être évité seulement pendant le dernier trimestre. L’équipe de Bernard Jegou a également publié une étude qui allerte sur les déséquilibres hormonaux que pourrait provoquer la prise régulière d’ibuprofène chez les hommes.

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