Le cuivre, ennemi mortel du Covid-19

Le coronavirus est rapidement éliminé par les vertus antiseptiques du cuivre. Les professionnels du secteur se mobilisent dans la lutte contre la pandémie.

L’un des pires adversaires du nouveau coronavirus est un métal des plus courants.

Selon plusieurs études publiées par le New England Journal of medicine et les Universités américaines de Californie, Los Angeles et Princeton, le nouveau coronavirus peut survivre entre deux et trois jours sur du plastique et de l’acier inoxydable. Mais sur le cuivre, il disparaît en quatre heures seulement.

Reprenant les conclusions des recherches de Bill Keevil, microbiologiste à l’université de Southampton en Grande-Bretagne, le Huffington Post nous apprend ainsi que ce métal « fait “exploser” le micro-organisme parfois en quelques minutes seulement ». Cette propriété antiseptique existe aussi pour l’or ou l’argent. Mais elle est plus forte encore pour le cuivre. Virus, bactéries et champignons sont rapidement éliminés à son contact.

Une propriété connue depuis longtemps

Connue depuis des siècles, cette capacité du cuivre est utilisée depuis l’Antiquité: dans l’armée, dans l’agriculture, pour l’hygiène ou pour les canalisations. A l’époque moderne, plusieurs établissements de santé ont ainsi opté pour le cuivre, notamment dans l’ouverture des portes, afin de limiter les infections nosocomiales.

Partant de ce constat, les applications concrètes dans la lutte contre la pandémie de coronavirus arrivent. Des universitaires américains ont ainsi créé des autocollants en cuivre pour limiter la propagation du Covid-19.

En France, un industriel de la Marne rappelle que les poignées de portes et les mains courantes qu’il fabrique en alliage peuvent être utiles, notamment dans les Ehpad. « Nous ne prétendons pas avoir la solution miracle mais nous pensons que cela peut être une barrière parmi d’autres », explique l’entreprise Lebronze alloys dans les colonnes de L’Union.

Au Chili, des masques au cuivre

Le Chili compte lui aussi profiter de sa place de premier producteur mondial de cuivre pour apporter sa pierre à l’édifice. L’entreprise Copper 3D (Cuivre 3D en français, NDLR) s’est ainsi lancée dans la fabrication de masques réutilisables à base d’un polymère, dans lequel ont été injectées des nanoparticules de cuivre, et fabriqués avec des imprimantes 3D.

Les nanoparticules de cuivre « détruisent les acides nucléiques de l’ADN d’un virus ou d’une bactérie en un processus très rapide et efficace », explique Daniel Martinez, l’un des initiateurs du projet, qui cherche des fonds pour fabriquer ces masques à grande échelle pour un prix de vente moyen de 25 dollars pièce.

Utilisé dans les hôpitaux

Selon Codelco, la compagnie publique chilienne d’extraction, le cuivre est déjà utilisé dans les unités de soins intensifs dans les hôpitaux, où les surfaces conçues en cuivre permettent de diminuer de 40% les risques d’infection. Dans le pays sud-américain, le cuivre est d’ailleurs déjà utilisé pour fabriquer des ustensiles médicaux, des plans de travail dans les laboratoires, des poignées de portes, des rambardes d’escaliers, etc…

Une autre entreprise chilienne, The Copper Company, spécialisée dans le textile, fabrique également des masques, en utilisant des tissus agrémentés de nanoparticules de cuivre. « Nous produisons entre 15.000 et 20.000 masques en tissu avec des nanoparticules de cuivre par semaine et nous avons vendu toute notre production », a déclare Luz Briceño, le directrice générale de l’entreprise.

Le cuivre et ses nombreux bienfaits santé

Le cuivre est l’un des constituants de nombreuses protéines et enzymes du corps humain. Indispensable à beaucoup de processus vitaux, il permet la bonne utilisation des lipides. Son insuffisance pourrait augmenter les risques de maladies cardio-vasculaires. Assurez-vous également de consommer suffisamment de protéines au quotidien.

Métal malléable d’un brun rougeâtre traditionnellement utilisé en plomberie et pour fabriquer les batteries de cuisine, le cuivre est aussi présent dans le corps humain en tant qu’oligoélément : l’organisme d’un adulte en renferme environ 100 mg.

Le cuivre est concentré dans le foie, et se répartit également dans les cheveux, la peau et différents tissus. Il est fourni habituellement par l’alimentation, davantage dans les produits non raffinés que dans les aliments industriels.

Des suppléments de cuivre sont disponibles en ampoules, comprimés et en gélules. On le trouve intégré dans des suppléments nutritionnels, sous forme d’oxyde de cuivre, de sulfate, de chlorure, de pidolate et de gluconate de cuivre.

Le cuivre, essentiel pour la santé

Le cuivre est essentiel pour assurer la solidité des os et la qualité du cartilage et des tissus conjonctifs. Il contribue également à la fertilité et il permet la pigmentation des cheveux et de la peau.

Attention : si vous suivez un traitement médical, consultez votre médecin avant de prendre des suppléments.

Le rôle du cuivre dans l’organisme :Le cuivre est indispensable à la formation du collagène, une protéine présente dans les os, la peau et les tissus conjonctifs. C’est un catalyseur majeur de la formation des globules rouges. Présent dans de nombreuses enzymes, il participe au métabolisme des protéines et des lipides, et permet de maintenir en bon état la gaine de myéline des nerfs. Il contribue au maintien des défenses immunitaires et à la fertilité. Il permet la formation de la mélanine, responsable de la coloration des cheveux et de la peau, et garantit la constance de la pigmentation.

Les principaux effets bénéfiques du cuivre

Le cuivre, nécessaire à la bonne qualité du cartilage et à la minéralisation des os, favorise le maintien de la masse osseuse. Il pourrait prévenir certaines arythmies grâce à son action dans le métabolisme oxydatif du glucose (le muscle cardiaque étant très sensible à un manque d’oxygène). Le cuivre participe à la synthèse de prostaglandines ayant une activité anti-inflammatoire et antiagrégation plaquettaire, ce qui évite une coagulation trop marquée du sang et la formation de caillots. Il aide au bon fonctionnement de la thyroïde et améliore l’équilibre de l’histamine, impliquée dans les mécanismes de l’allergie.

Le cuivre est l’un des constituants de la superoxyde dismutase, enzyme aux puissantes propriétés antioxydantes. Assurez-vous de consommer régulièrement ces fruits et légumes riches en antioxydants.  Il participe ainsi – indirectement – à la lutte contre l’excès de radicaux libres, cause de vieillissement cellulaire prématuré et facteur favorisant l’apparition de maladies cardio-vasculaires et de certains cancers.

Les suppléments de cuivre

L’apport nutritionnel conseillé en cuivre est de 1,5 mg par jour pour les femmes, et 2 mg pour les hommes. L’alimentation habituelle fournit tout juste les quantités nécessaires, ce qui n’est probablement plus le cas lors d’une diminution des apports alimentaires (régime restrictif, baisse de l’appétit…)

En cas d’apport déficitaire :
Les véritables carences en cuivre sont rares. Elles ne se produisent en général que chez les personnes souffrant de diarrhée chronique, de malabsorption intestinale, ou lors d’affections congénitales qui, tel l’albinisme, entraînent un défaut d’assimilation du cuivre. Cette carence engendre fatigue, arythmie cardiaque, fragilité et décoloration des cheveux, mais aussi de l’hypertension, une anémie, des malformations osseuses et la stérilité.

Une déficience plus légère peut quand même avoir des conséquences préjudiciables pour la santé. Une étude préliminaire menée sur 24 hommes a montré qu’un régime trop pauvre en cuivre entraînait une augmentation significative du mauvais cholestérol (LDL) et une diminution du bon cholestérol (HDL), ce qui accroît les risques de maladies cardio-vasculaires.

Les doses recommandées de cuivre

L’apport quotidien fourni par l’alimentation et les suppléments en cuivre ne doit pas dépasser 2 mg. Il est recommandé de prendre les suppléments à la même heure chaque jour, de préférence juste avant les repas.

En cas d’apport excédentaire :
Le comité d’experts de la FAO/OMS a fixé la dose toxique de cuivre à 0,5 mg par kilo de poids corporel, soit environ 35 mg par jour chez l’adulte. La prise d’une dose très élevée (10 mg) peut provoquer des nausées, des douleurs musculaires et des maux d’estomac. L’intoxication chronique par le cuivre (due à une eau trop riche en cuivre ou à la cuisson des aliments dans des récipients en cuivre) peut provoquer une hépatite parfois mortelle, mais rarissime en Occident. Aucune toxicité causée par des suppléments de cuivre pris oralement n’a été constatée.