Oui c’est confirmé! Le diabète de type 2 est réversible.

Grâce à un régime strict adapté, nécessitant une forte motivation des patients, le pancréas retrouve une activité normale chez certains patients.

Le diabète de type 2 serait finalement une maladie réversible, même à un stade avancé. C’est ce que vient de prouver une nouvelle analyse de l’étude britannique DiRECT, présentée samedi au congrès de l’American Diabetes Association (ADA) à San Francisco. Ses auteurs, Roy Taylor de l’université de Newcastle et ses collègues, avaient déjà montré que des patients souffrant de cette pathologie depuis moins de six ans, qui n’étaient pas traités par des injections d’insuline, pouvaient voir leur état durablement amélioré grâce à un régime alimentaire très strict. Ces résultats avaient été publiés dans The Lancet en mars dernier. Aujourd’hui, il est démontré que leurs cellules bêta pancréatiques, celles qui produisent l’insuline chargée de faire entrer le sucre dans les cellules et que l’on croyait définitivement hors service, peuvent également récupérer.

« Le diabète de type 2 évolue inexorablement au fil du temps, si le patient ne change pas son mode de vie », rappelle le Dr Jean-Michel Lecerf, chef du service de nutrition de l’Institut Pasteur de Lille. Tout commence par le fait que l’insuline ne peut plus fonctionner correctement, en raison d’un excès de graisse dans le corps. Les spécialistes parlent d’insulinorésistance. Le pancréas augmente alors la production de cette hormone pour contrer ce phénomène, mais il finit par s’épuiser. Ce qui aboutit à un manque d’insuline et donc à l’obligation, pour les malades, de s’injecter cette précieuse substance. Sauf s’ils adoptent alors une très bonne hygiène de vie, normalisent leur poids ou maigrissent, et font de l’exercice physique.

Forte motivation

Les nouveaux travaux montrent que la perte de fonction des cellules bêta pancréatiques n’est pas, non plus, irréversible. Pour aboutir à ce résultat, les chercheurs britanniques ont réalisé un test spécifique pour but d’évaluer la réponse maximale de sécrétion de l’insuline à une administration massive de sucre (provoquant une hyperglycémie), ce qui permet d’estimer la quantité de cellules bêta encore capables de fonctionner. Le niveau de sécrétion de l’insuline dans cette expérience était initialement près de deux fois plus faible chez les diabétiques que chez des sujets contrôles. Mais le niveau de sécrétion de l’insuline a augmenté au bout de cinq mois de régime strict chez les patients qui ont perdu rapidement du poids – et dont le diabète a régressé. Et au bout d’un an, il était pratiquement revenu à la normale. Au contraire, chez ceux qui n’ont pas réussi à maintenir la perte de poids, il n’y a pas eu de récupération de la sécrétion d’insuline.

« Ce sont de bonnes nouvelles pour les diabétiques de type 2 : il y a toujours une possibilité de retour en arrière », s’est félicité Roy Taylor. En tout cas chez des diabétiques depuis moins de six ans, dont les cellules bêta sont donc toujours présentes mais devenues inactives face au « stress métabolique » qu’elles subissent. Mais le chercheur souligne que, pour arriver à ce résultat, il faut une « forte motivation » et donc se conformer durant plusieurs mois au régime alimentaire strict, très liquide et riche en protéines. « Beaucoup de malades sont motivés pour maigrir, mais tous ne peuvent suivre de tels régimes draconiens », insiste le Dr Lecerf. D’où l’intérêt de commencer la prévention bien en amont.